Ennio Morricone
Ennio Morricone est sans doute le compositeur italien contemporain le plus célèbre au monde. Avec et grâce au cinéma, il a imposé une écriture au lyrisme perverti d’ironie, aux trouvailles orchestrales puissantes et insolites. Le cinéma du maestro, ce sont des pans entiers de notre mémoire collective : la vengeance de Charles Bronson en homme à l’harmonica, une citadelle isolée dans l’attente absurde d’une attaque tartare, le tourbillon mélancolique de baisers en noir et blanc qui clôt Cinema Paradiso… Aucun compositeur n’a, comme Morricone, exploré autant de genres jusqu’au vertige (le polar, la comédie, le giallo, le western, le film politique, la science-fiction, le fantastique), réussi l’exploit ultime de faire cohabiter dans une même filmographie La Cage aux folles et Brian De Palma, Bud Spencer et Pier Paolo Pasolini, Tinto Brass et Terrence Malick. Et de faire chanter Joan Baez, Gérard Depardieu ou Sting.
En février 2016, Les Huit Salopards vaut à Morricone un second Oscar (après une statuette d’honneur en 2007), qu’un Tarantino en lévitation vient chercher à sa place. Simultanément, Morricone poursuit sa collaboration en haute-fidélité avec Giuseppe Tornatore qui lui a consacré un documentaire-somme, Ennio, il maestro, point de départ de cette rétrospective.
Stéphane Lerouge