Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / L'Été du cinéma français 2021/ Tout simplement noir
  • Mercredi 14 Juillet à 18h00
  • Mercredi 14 Juillet à 20h30
  • Au Petit Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Tout simplement noir

John Wax, Jean-Pascal Zadi – 1h30, 2020

Avec John Wax, Jean-Pascal Zadi, Fary Brito

 

Meilleur espoir masculin (Jean-Pascal Zadi), César 2021.

JP, un acteur raté de 40 ans, décide d’organiser la première grosse marche de contestation noire en France, mais ses rencontres, souvent burlesques, avec des personnalités influentes de la communauté et le soutien intéressé qu’il reçoit de Fary, le font osciller entre envie d’être sur le devant de la scène et véritable engagement.

Humoriste et ancien rappeur, auteur notamment de vidéos autoproduites et de la websérie Craignos, Jean-Pascal Zadi incarne sous son propre nom un youtubeur et comédien raté qui entreprend d’organiser, à Paris, une grande marche de contestation noire. Lui qui ne connaît personne se débrouillera pour rencontrer toutes les célébrités de la communauté noire et leur demander de participer à son action et de la relayer. Mais son ego et sa maladresse transformeront la plupart de ces rencontres en désastre. Le premier atout de ce faux documentaire est d’avoir convaincu tout ce beau monde de jouer avec son image pour s’interroger avec irrévérence sur le communautarisme, le métissage, la relation avec les Arabes et les Juifs, la place des femmes...Il faut entendre Fabrice Eboué se faire condamner par Lucien Jean Baptiste pour avoir osé rire de l’esclavage dans Case Départ et accuser en retour son détracteur d’avoir fait un film Bounty avec La Première Étoile. Ou encore Mathieu Kassovitz reprocher à son directeur de casting en voyant débarquer Zadi : « Je t’avais demandé l’Afrique et tu m’as ramené Montreuil ». Bourré de punchlines et de gags percutants, le film séduit par sa manière subtile de démonter un à un tous les clichés du racisme en feignant d’y succomber. On aime aussi son détournement des codes du reportage pour brosser en filigrane le portrait d’un père de famille attachant qui voudrait lui aussi sa place sous les sunlights.
Philippe Rouyer, Positif