The Strangers
Na Hong-jin - 2h36, Corée du Sud, 2016
avec Do-won Kwak, Hwang Jeong-min, Jun Kunimura
La vie d’un village de montagne est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués. L’enquête de police piétine alors qu’une épidémie de fièvre se propage et mène les habitants de la petite communauté à la folie meurtrière. Les soupçons se portent sur un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois, attisant rumeurs et superstitions.
L’auteur de The Chaser (2009), The Murderer (2011) ou Hope (2026) déploie une telle maestria à toutes les étapes de son récit que l’on comprend que son entreprise est bien plus complexe et originale qu’un simple dynamitage de l’intérieur du thriller burlesque à la coréenne. Thriller horrifique, épouvante villageoise, le film fait bien plus que glisser avec son héros, policier nigaud à la limite de l’inconséquence transformé en père martyre, vers l’horreur pure et la tragédie – il invente un nouveau genre dans le cinéma de genre, remarquablement souple et efficient, qu’il fait convulser à chaque retournement de situation. Comme dans les grands films d’épouvante de William Friedkin ou John Carpenter, c’est pourtant bien un Mal absolu qui est à l’œuvre, comme l’atteste la terrifiante scène de révélation finale qui dévoile à la fois la main derrière les crimes et la vraie nature métaphysique d’un des plus grands films fantastiques vus sur un écran de cinéma depuis très longtemps.
Olivier Lamm, Libération
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