Residue | En marge | Les 2 Scènes
© Capricci
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Residue

Merawi Gerima – 1h30, États-Unis, 2020
avec Obinna Nwachukwu, Dennis Lindsey, Taline Stewart

Jay, la trentaine, retourne dans son quartier d’enfance de Washington D.C. et y découvre à quel point celui-ci s’est gentrifié. Les résidents afro-américains se trouvent poussés hors de chez eux par des propriétaires plus riches et majoritairement blancs. Traité comme un étranger par ses anciens amis, Jay ne sait plus tout à fait à quel monde il appartient. Mais il veut tourner un film ici, à Eckington, pour donner la parole à ses proches qui y habitent encore, et laisser une trace (residue) de toutes ces vies malmenées par les descentes de police, l’indifférence des pouvoirs publics, les ravages de la drogue. 

Ouvrez grand vos yeux, car il s’agit de ne rien rater du beau travail qui nous est donné à voir dans Residue, premier long métrage écrit, produit, réalisé et monté par Merawi Gerima, Afro-américain d’origine éthiopienne. Précisons que ce trentenaire doué et créatif est le fils des réalisateurs Hailé Gerima et Shirikiana Aina, figures du cinéma afro-américain indépendant et membres du -mouvement L.A. Rebellion (Charles Burnett, Larry Clark, Julie Dash…). 
Voir Residue, c’est entrer dans le kaléidoscope mental de son personnage principal. Le malaise de Jay, sa difficulté à démarrer l’écriture du long métrage, installent la mise en abyme du « film dans le film ». Merawi Gerima lui-même a décidé de réaliser Residue lorsqu’il est revenu à Washington, le tournage agissant comme un exutoire à sa colère. Les choix esthétiques subliment le cri de rage, lequel mute en geste performatif. En distillant des images du passé sans leur accorder un statut défini – souvenirs, hallucinations ? –, Merawi Gerima met l’imaginaire du spectateur au travail. Residue nous emmène dans le labyrinthe des choix formels, lesquels ont parfois été dictés par le petit budget : comment raconter le passé, renouveler le genre du film militant, tel que l’ont pratiqué les aînés, Spike Lee pour ne citer que lui ? La relève est plus qu’assurée.
Clarisse Fabre, Le Monde

Petit Kursaal
Du 2 au 18 mai
Le 2 mai 2022 à 16h
Le 3 mai 2022 à 18h15
Le 4 mai 2022 à 20h30
Le 18 mai 2022 à 18h15
Tarif cinéma

de 2,50 à 5 €

à l'unité
plein tarif  5 €
tarif réduit*  4 €
tarif spécial** / vacances au cinéma 3 €

carte cinéma (10 places)
plein tarif  40 €
tarif réduit*  35 €
tarif spécial** / vacances au cinéma 25 €

*/** → voir les bénéficiaires des tarifs réduit et spécial

sortie en salle le 5 janvier 2022