Instants critiques
François Morel
C’est à un véritable numéro de duettistes que nous convie François Morel. Sur scène, deux de ses excellents compères, Olivier Saladin et Olivier Broche, incarnent à proprement parler un autre duo revenu, quant à lui, des années 1970: celui de Jean-Louis Bory et Georges Charensol.
Les amoureux du Masque et la Plume de cette époque se souviennent sans aucun doute de leurs incartades, des dythyrambes que l’un faisait d’un film alors que l’autre le dénigrait avec force. Comme sur un ring, les deux hommes se donnaient la réplique, s’invectivaient, s’accordaient aussi parfois dans des moments de grâce. L’époque était à la liberté de ton, et ici au plus grand bonheur des auditeurs, à la théâtralisation de ces joutes verbales.
L’un, en costume gris, campant comme il se doit le rôle du «réac», l’autre, cigarette aux lèvres, celui de l’homme plus moderne, plus ouvert. Dans une mise en scène toute en finesse, tout en élégance, François Morel fait revivre ces instants magiques et rend finalement un très bel hommage au cinéma, aux cinéphiles et à ce couple radiophonique, aujourd’hui disparu pour qui l’intelligence et la dialectique étaient essentielles.
Après la comédie et les tours de chants, François Morel se lance dans la mise en scène et démontre encore une fois qu’il est réellement un grand bonhomme.
«Le spectacle mis en scène par François Morel est un moment de grâce, drôle, émouvant par endroits, qui fait mieux que ressusciter les duettistes. Il montre deux amis embarqués dans une salle de cinéma comme dans un univers poétique.»
Libération
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