Cartel
Michel Schweizer - Compagnie La Coma
Quand Michel Schweizer interroge les codes de la danse classique.
On n’attend pas d’un danseur qu’il parle. Il aurait pourtant tellement de choses à dire à propos de son corps et de son art. C’est justement ce qui a poussé Michel Schweizer à donner la parole à un ancien danseur, convoquant la mémoire de sa chair, et un deuxième, partageant ses doutes à l’aube de sa carrière. Sur scène, une chanteuse lyrique, Dalila Khatir, vient leur tenir compagnie.
Avec Michel Schweizer, le théâtre n’est pas documentaire, pour autant la réalité n’est jamais loin. En effet, qu’il mette en scène un ancien danseur étoile ou un véritable maître-chien, il s’intéresse autant à l’homme qu’à son art. C’est alors leur propre vie que les comédiens-témoins nous racontent. Cartel est singulièrement en phase avec cette démarche charnelle, en s’interrogeant sur la difficulté d’être – et d’avoir été – un danseur classique. En suscitant la rencontre entre un ancien danseur étoile – Jean Guizerix (69 ans) – et Romain di Fazio, danseur classique de 22 ans, la pièce est aussi un hommage à la transmission. Ainsi, face aux questions existentielles du jeune homme sur son art, le retraité de l’Opéra de Paris convoque la mémoire de son corps et, en quelques mouvements pleins de grâce, c’est le travail d’une vie qui resurgit. Évidemment, la question du retour vers la condition d’homme ordinaire, soumis à la gravité terrestre, est posée. Cesse-t-on, un jour, d’être danseur? La réponse apportée par Michel Schweizer est belle et touchante. Après avoir vu Cartel, le regard que l’on porte sur la danse classique ne sera plus le même.
Générique
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