Les deux scènes

Les deux scènes
  • Lundi 12 Mars à 16h30
  • Mardi 13 Mars à 20h15
  • Mercredi 14 Mars à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

REMORQUES

JEAN GRÉMILLON - 1H30, FRANCE, 1939

SCÉNARIO JACQUES PRÉVERT

AVEC JEAN GABIN, MADELEINE RENAUD, MICHÈLE MORGAN

Homme généreux, capitaine valeureux d’un remorqueur de sauvetage en haute mer, André Laurent s’occupe avec déférence de son épouse, la douce Yvonne, qu’une maladie de coeur contraint à vivre cloîtrée. Un jour, André se porte au secours d’un navire chahuté par les flots, le Mirva. Il ramène avec lui Catherine, l’épouse du capitaine, une femme étrange et très belle…

Marin dans l'âme, Grémillon chérissait la mer, qu'il avait déjà célébrée dans Gardiens de phare. Remorques fut un film compliqué à faire : scénario remanié, tournage interrompu à cause de la guerre, etc. Il tangue un peu comme un rafiot. On y retrouve néanmoins ce lyrisme sobre qu'on aime tant. Au fond, Remorques est l'envers de Quai des brumes, auquel on pense forcément : point de « réalisme poétique » ici, plutôt une poésie réaliste, sans effets ni chichis. Grémillon vient du documentaire et a toujours gardé ce souci de vérité. L'amour, le métier, l'amour du métier sont une fois encore le moteur de son cinéma très pionnier d'un point de vue social. André (Jean Gabin) se dévoue corps et âme au bateau, sans voir que sa femme, Yvonne (Madeleine Renaud), se meurt. Et André, capitaine héroïque qui secourt les autres avec son remorqueur, faillit en tant que mari — doublement, puisqu'il s'éprend d'une belle de passage (Michèle Morgan). Les couples Gabin-Renaud et Gabin-Morgan fonctionnent à merveille, et la mer, déchaînée ou indolente, défend avec panache son rôle de troisième amante. Grémillon est bien le cinéaste féminin sinon féministe du cinéma français.

Jacques Morice, Télérama