Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinémas d'Amérique Latine/ NUESTRAS MADRES
  • Lundi 25 Novembre à 10h00
  • Lundi 25 Novembre à 20h30
  • Mercredi 27 Novembre à 16h30
  • Jeudi 28 Novembre à 18h30
  • Vendredi 29 Novembre à 14h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
AVANT-PREMIÈRE

NUESTRAS MADRES

CÉSAR DÍAZ – 1H18, GUATEMALA, 2020

AVEC ARMANDO ESPITIA, EMMA DIB, AURELIA CAAL

CAMÉRA D’OR DU MEILLEUR PREMIER FILM AU FESTIVAL DE CANNES 2019

Sortie nationale prévue en avril 2020

Guatemala, 2018. Le pays vit au rythme du procès des militaires à l’origine de la guerre civile. Les témoignages des victimes ­s’enchaînent. Ernesto, jeune anthropologue à la Fondation médico-légale, travaille à ­l’identification des disparus. Un jour, à travers le récit d’une vieille femme, il croit déceler une piste qui lui permettra de retrouver la trace de son père, guérillero disparu pendant la guerre.

Avec beaucoup de sensibilité, ce premier film s’empare de l’histoire collective de tout un peuple à travers le destin individuel d’un jeune homme. Pour Ernesto, en effet, comme pour sa jeune génération, comme pour tout un pays, revenir à la vie passera par déterrer non seulement les corps des disparus mais aussi les secrets. Histoire d’une naissance individuelle et d’une libération collective, Nuestras Madres tisse sa trame autour de nombreuses figures féminines qui guident le jeune homme dans sa quête. Il y a sa mère, pivot du récit, et ses camarades de lutte. Mais il y a surtout cette vieille paysanne par qui tout arrive. Toutes ces femmes sont la mémoire vivante de cette guerre.
Ce passé traumatisant est celui du Guatemala mais pourrait être celui de nombreux pays d’Amérique latine et de bien d’autres encore dont l’histoire s’est construite sur des prises de pouvoir autoritaires, des guerres civiles violentes, des massacres de masse. Son film avance avec calme et douceur, flirtant souvent avec le documentaire dans un désir d’hommage poignant. En filmant avec attention les gestes, les visages, les corps silencieux, les témoignages vibrants, il se pose lui aussi comme le réceptacle de toute cette histoire qu’il accueille en lui-même. Et il évite les écueils du drame larmoyant et de l’horreur glauque avec une grande délicatesse pour tisser un récit universel de deuil collectif et de renaissance individuelle.
Anne Feuillère, Cinergie.be