Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinékino | Goodbye Berlin (Tschick)/ Goodbye Berlin (Tschick)
  • Mardi 27 Mars à 20h15
  • Jeudi 29 Mars à 14h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
PRÉSENTÉ ET SUIVI D’UN DÉBAT AVEC IDA HEKMAT, maître de conférences, département d’allemand UFC

Goodbye Berlin (Tschick)

FATIH AKIN - 1H33, ALLEMAGNE, 2016

AVEC ANAND BATBILEG, TRISTAN GÖBEL, NICOLE MERCEDES MÜLLER

Alors que sa mère est en cure de désintoxication et son père en voyage d’affaires avec son assistante, le jeune Maik s’ennuie, seul dans sa villa, sans réussir à profiter de l’été. L’un de ses camarades de classe, Tschick, un jeune immigré russe et adolescent rebelle, l’entraîne alors dans une virée en dehors de la ville, aux commandes d’une voiture volée. Ainsi commence pour les deux garçons une aventure hors du commun.

Ils sont berlinois, adolescents, regardés bizarre- ment par leurs condisciples. Tschick et Maik sont les deux anti-héros d’un roman de Wolfgang Herrndorf, publié en Allemagne en 2010. Roman destiné aux adultes, il a cartonné auprès de la jeunesse à tel point qu’il a obtenu le prix du meilleur roman pour la jeunesse l’année sui- vante... et a été traduit en français un an plus tard, sous le titre Goodbye Berlin. Cinq ans plus tard, Fatih Akin adapte cette histoire de deux laissés pour solde de tout compte. Tschick arrive en classe. Il est d’origine russe et ne fait pas grand chose pour se faire accepter, même par Maik, jusqu’à ce que soudainement ces deux-là se lient d’amitié. Rien de neuf sous le soleil, aux premières apparences. Le sujet a déjà été traité au cinéma et les cinéphiles se diront que Fatih Akin les a habitués à mieux, plus solide, plus consistant, plus profond. Jusqu’à ce que ce semblant de rien, l’histoire de ces deux adolescents, leur balade sauvage et pas meurtrière en Lada, exode hors de Berlin, les émeuve. C’est qu’à un moment le charme s’opère et l’on se prend de tendresse pour ces kids, bien loin de ceux décrits par Larry Clark. C’est un peu le vague à l’âme que l’on quitte la salle, conscient d’avoir vu ces jeunes, si fragiles encore dans leurs quatorze ans, et déjà petits adultes qui veulent conquérir le monde...

Charles De Clercq, Cinécure