Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Portugal/ CONTRE TON CŒUR
  • Mercredi 2 Octobre à 20h15
  • Mercredi 9 Octobre à 18h00
  • Vendredi 11 Octobre à 16h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
PRÉSENTÉ ET SUIVI D’UN DÉBAT AVEC FáTIMA FERNANDEs DA SILVA, le 2 octobre

CONTRE TON CŒUR

TERESA VILLAVERDE – 2H16, PORTUGAL, 2019

AVEC JOÃO PEDRO VAZ, BEATRIZ BATARDA, ALICE ALBERGARIA BORGES

Au Portugal, le quotidien d’une famille est bouleversé : le père se retrouve au chômage et la mère doit alors cumuler deux emplois. Mais leur fille est bien décidée à ne pas se laisser abattre et à continuer à vivre sa vie d’adolescente. Une distance trouble s’installe entre eux : le début d’une lente implosion, chacun cherchant à s’adapter à sa façon à cette situation nouvelle.

C’est un film de crise dans tous les sens du terme : crise d’une fin d’adolescence, d’un couple, d’une famille, où résonne la crise économique de tout un pays. Ainsi résumé, le nouveau film de la portugaise Teresa Villaverde peut faire craindre une accumulation excessive de malheurs, mais, comme toujours chez elle, ce qui pourrait être sordide (voir Os Mutantes ou Transe, qui vont plus loin encore dans ce sens) est rattrapé par la grâce de la mise en scène, qui n’écrase jamais les personnages mais au contraire les élève, leur offre un horizon sans sombrer dans un faux optimisme. Pas plus d’angélisme que de ­misérabilisme donc. Les rapports humains restent compliqués, ils se bricolent maladroitement, tant bien que mal, parvenant à se maintenir dans un précaire équilibre, jusqu’à ce que certains personnages s’échangent leurs places. Au milieu de tout cela, les adolescents semblent s’en tirer mieux que leurs parents désemparés. Peut-être parce que les angoisses et le romantisme propres à leur âge les aident à affronter un monde qui leur a été mal préparé, à la mesure de leurs doutes. Leur beauté et leur élégance sont en soi une promesse.
Marcos Uzal, Libération