Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / zoom Frontières / SOY NERO
  • Mercredi 11 Janvier à 20h30
  • Jeudi 12 Janvier à 18h30
  • Samedi 14 Janvier à 16h00
  • Jeudi 19 Janvier à 20h45
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

SOY NERO

RAFI PITTS - 2H, ALLEMAGNE, FRANCE, MEXIQUE, 2016

AVEC JOHNNY ORTIZ, RORY COCHRANE, AML AMEEN

Nero a 19 ans, il a grandi aux États-Unis puis s’est fait expulser au Mexique. Étranger dans le pays de ses parents, il est décidé à repasser la frontière coûte que coûte. Il parvient enfin à retrouver son frère, Jesus, qui vit à Los Angeles. Pour échapper à la vie de misère à laquelle le condamne sa condition de clandestin, sa dernière chance pour devenir américain est de s’engager dans l’armée. Nero rejoint le front des green card soldiers.

Cinq ans après son polar iranien The Hunter, Rafi Pitts, désormais banni de son pays natal, surprend avec ce cinquième long métrage. Soy Nero a d’abord été une complexe aventure de production : écriture à quatre mains par un cinéste anglo-iranien (Pitts) et un scénariste roumain (Razvan Radulescu), un financement international sous l’égide d’un producteur grec et un tournage de part et d’autre de la frontière américano-mexicaine. De cette curieuse épopée est née une œuvre paradoxale, qui vise à l’universalité tout en exprimant la singularité d’un cinéaste qui ne rentre dans aucune case nationale ou stylistique (voir No return réalisé par Gaëlle Vidalie). Le cinéaste s’interroge sur ce besoin d’appartenance qui taraude les hommes. Et où mieux qu’aux Etats-Unis, pouvait-il conduire ce projet ? Pays d’immigration, du melting pot où tout est possible à qui le veut. Il choisit la forme de la fable en racontant le destin de Nero prêt à tout pour entrer dans une communauté, pour une solidarité qui se dérobe sans cesse sous ses pas. Rafi Pitts interroge tous les symboles du rêve américian et filme avec un sens du cadre et un goût des grands espaces qui donnent à Soy Nero une dimension de western.
Jean-Dominique Nuttens, Positif