Les deux scènes

Les deux scènes
  • Jeudi 12 Janvier à 20h45
  • Lundi 16 Janvier à 20h45
  • Mardi 17 Janvier à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
+ ENTRETIEN FILMÉ AVEC ROKHSAREH GHAEM MAGHAMI JEUDI 12 & LUNDI 16 JANVIER

SONITA

ROKHSAREH GHAEM MAGHAMI - 1H31, IRAN, 2016

AVEC SONITA ALIZADEH, ROKHSAREH GHAEM MAGHAMI

Réfugiée afghane clandestine en Iran, Sonita habite depuis dix ans dans la banlieue pauvre de Téhéran. Elle rêve de devenir une artiste, une chanteuse de rap, en dépit des obstacles auxquels elle est confrontée en Iran et dans sa famille.

« Les femmes ne sont pas à vendre ! » Le regard noir, brûlant, bien droit dans l’objectif, Sonita scande son rap féministe. Quand, avec les moyens du bord, elle tourne ce clip vidéo — vu, depuis, presque six cent mille fois sur Youtube —, il en va de sa propre survie, de son avenir. Sonita, adolescente afghane immigrée en Iran, subit alors la pression de sa famille restée au pays. On veut la marier de force, contre quelques milliers de dollars, à un inconnu. Pourquoi ? Parce que là-bas, « c’est la tradition », insiste sa mère, elle-même « vendue » jadis à son époux. Ce sujet, la réalisatrice iranienne Rokhsareh Ghaem Maghami ne l’a pas vraiment choisi : elle voulait faire un documentaire sur l’éducation des filles. Et puis, dans un centre social de Téhéran géré par une ONG, elle est tombée sur Sonita, avec sa rage de vivre, sa détermination, son talent et ses rêves. Le film est devenu portrait, vif, fort et poignant. Visage de madone, charisme de diva, la gamine a tout chamboulé. Pas seulement la fatalité de sa condition : en entrant en résistance, elle a aussi fait bouger la ligne qui sépare le témoignage de l’engagement. Sonita avait besoin d’aide et, pour elle, la réalisatrice, d’abord hésitante, a décidé de franchir cette frontière de principe : elle est devenue à son tour actrice de son propre film, course haletante vers la liberté... Une belle histoire de solidarité, rassurante, que Rokhsareh Ghaem Maghami prend soin de nous montrer pour ce qu’elle est : une exception. Derrière le « cas » Sonita, il y a la misère et l’asservissement de toutes celles qui restent.
Cécile Mury, Télérama