Les deux scènes

Les deux scènes
  • Vendredi 5 Mai à 18h30
  • Mardi 9 Mai à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Rumba

FIONA GORDON, DOMINIQUE ABEL & BRUNO ROMY - 1H20, BELGIQUE, FRANCE, 2008

AVEC DOMINIQUE ABEL, FIONA GORDON, BRUNO ROMY

Enseignants d’anglais et de gymnastique dans une école rurale, Fiona et Dom sont très amoureux et ont une passion commune pour la danse latino. Chaque week-end ils participent à des concours régionaux, leur maison est remplie de trophées. Un soir, sortis victorieux d’un énième tournoi, ils ont un accident en essayant d’éviter un grand moustachu planté au milieu de la route. Fiona perd une jambe et Dom la mémoire, ce qui va légèrement compliquer leur quotidien...

Comme dans L’Iceberg (2005), les mots sont rares, les êtres emplissent l’espace, et chaque situation donne lieu à une scène décalée. Leur humour vient du fond des âges : du cinéma muet, qui voyait Buster Keaton et Harold Lloyd maintenir comme ils le pouvaient l’équilibre envers et contre tout, envers et contre tous ; des films de Jacques Tati aussi, peuplés de sons très présents et d’objets récalcitrants. Clowns mi-tristes mi-gais, les personnages inventés et incarnés par cette Canadienne née en Australie et ce Belge de Thuin sont uniques et universels. Pourtant – et c’est leur beauté et leur force –, rien ne les abat. Ils avancent, contournent, affrontent. Rien ne les détourne de la vie. Ni un suicidaire peu doué, ni une porte de supermarché facétieuse, ni une lourde prothèse en bois, ni une maison en flammes, ni un voleur de croissants. Ce pourrait être sinistre, c’est à mourir de rire. Réplique burlesque aux coups de la vie, à coups de poésie instantanée et de fantaisie absurde... Rumba, mine de rien, dit mille choses sur le couple et l’amour, le courage qu’il y a à se tenir droit quand tout vous plie, vous ploie, vous pile. Ce doux mélange est le fruit d’un travail acharné sur le corps et l’esprit, unique dans le cinéma d’aujourd’hui et qui a la merveilleuse politesse de paraître simple comme bonjour.
Isabelle Daniel, Première