Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / zoom Frontières / MERCENAIRE
  • Mercredi 11 Janvier à 18h30
  • Vendredi 13 Janvier à 20h45
  • Samedi 14 Janvier à 19h30
  • Mercredi 18 Janvier à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

MERCENAIRE

SACHA WOLFF - 1H45, FRANCE, 2016

AVEC TOKI PILIOKO, ILIANA ZABETH, MIKAELE TUUGAHALA

Soane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole. Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission.

Sacha Wolff tisse une œuvre riche et stimulante, un conte sur la liberté et l’argent, le portrait d’une époque. Issu de la Fémis, Wolff a débuté dans le documentaire et ce premier long métrage de fiction procure l’incomparable plaisir de découvrir des langues et des mondes nouveaux. Français des antipodes, les Wallisiens étaient jusqu’alors parfaitement ignorés du cinéma hexagonal. Le film peut ainsi dresser le portrait de la France d’aujourd’hui à travers le regard d’un déraciné. Mercenaire montre surtout avec une très grande précision la vie du rugby loin des stars de l’ovalie. Et au delà du rugby, Mercenaire nous offre la métaphore de toute une économie où l’humain devient une marchandise exportable. Balèzes et fragiles à la fois, ces hommes forment la horde sauvage du ballon ovale. Ils sont des saisonniers, des migrants, plus ou moins clandestins. Le casting est composé d’acteurs amateurs et de véritables rugbymen. On découvre ainsi des tronches rares, à commencer par Laurent Pakihivatau (Abraham), pilier de l’US bressane de Bourg-en-Bresse et Toki Pilioko (Soane) qui évolue à Aurillac. Sacha Wolff joue comme d’une harpe du contraste entre sa carrure massive et sa voix timide. Cette approche documentée et réaliste projette le film dans la mythologie. Naturellement tressé de rites et de légendes, Mercenaire dépasse la chronique sociale pour s’élever comme une épopée du 21e siècle.
Adrien Gombaud, Positif