Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Vers le nord/ WINTER BROTHERS
  • Lundi 11 Juin à 18h30
  • Mercredi 13 Juin à 16h30
  • Lundi 18 Juin à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

WINTER BROTHERS

HLYNUR PALMASON - 1H34, DANEMARK, ISLANDE, 2018

AVEC ELLIOTT CROSSET HOVE, SIMON SEARS, VICTORIA CARMEN SONNE

Emil travaille avec son frère dans une carrière de calcaire et vend aux mineurs l’alcool frelaté qu’il fabrique. Les relations changent lorsque la mixture préparée par Emil est accusée d’avoir empoisonné l’un d’entre eux.

Le premier film de Hlynur Pálmason impressionne par la puissance des émotions qu’il fait naître en accompagnant un affrontement entre hommes dans un désert de glace et de passion. Le film pourrait être situé en Sibérie ou en Alaska – c’est en Scandinavie. Paysage de frimas, solitude des hommes, énormité surhumaine des machines de la mine où ils travaillent, de la dureté de la nature, de la puissance des matériaux... Winter Brothers est un film mythologique. Les dieux ici sont de glace et d’acier. Il y a une femme, il y a le désir. Il y a l’envie, l’avidité. Il y a des ennemis. Il y a des trafics, et la mort. Mais il y a aussi un héros, ou plutôt un anti-héros, Emil, qui fabrique de l’alcool frelaté dans une sorte d’antre de sorcier bas de gamme.

Suspens, violence, passion, c’est un film d’action, mais où l’action n’est jamais où on l’attend. Le beau miracle de ce film qui aurait pu aisément devenir manipulateur à force d’être impressionnant est que cette puissance n’impose rien au spectateur. Elle ne dicte ni quoi éprouver, ni quoi penser. Comme le ferait une symphonie très inspirée, Winter Brothers donne accès à un gigantesque répertoire d’impressions, de souvenirs, d’idées, que chacun est libre de déployer et d’associer selon ses propres ressources. Dès lors, on peut sans mal oublier ce que « raconte » le film, le détail de ses rebondissements. Mais pas l’impression profonde et complexe qu’il laisse. Jean-Michel Frodon, Slate.fr