Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinémas d'Amérique Latine/ Mariana (Los Perros)
  • Lundi 26 Novembre à 18h30
  • Mardi 27 Novembre à 10h00
  • Mardi 27 Novembre à 20h30
  • Vendredi 30 Novembre à 10h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Mariana (Los Perros)

MARCELA SAID - 1H34, CHILI, 2017

AVEC ANTONIA ZEGERS, ALFREDO CASTRO, RAFAEL SPREGELBURD

Mariana, issue de la haute bourgeoisie chilienne s’efforce d’échapper au rôle que son père, puis son mari, ont toujours défini pour elle. Elle éprouve une étrange attirance pour Juan, son professeur d’équitation, ex-colonel suspecté d’exactions pendant la dictature. Mais cette liaison ébranle les murs invisibles qui protègent sa famille du passé.

L’histoire du Chili ne cesse d’être hantée par un passé qui ne passe pas. L’histoire cinématographique restitue les revenants de la dictature, révèle des points aveugles jusque dans le présent immédiat. On pense à la trilogie de Pablo Larrain ou aux fabuleux films exploratoires de Patricio Guzman. Marcela Said interrogerait plutôt une sorte de retour du refoulé, sondant d’autres strates, soulevant de ces pierres sous lesquelles s’acagnardent volontiers les bêtes à sang froid. Elle nous présente d’emblée Mariana, aux marges d’une réunion d’actionnaires. Son père, qui en est le dirigeant, n’a pas jugé bon de la convier. Elle est flanquée d’un mari autoritaire que ses affaires détournent des courants émotionnels. La situation sociale et filiale de cette femme est ainsi établie : les rets entrelacés de l’œdipe et de l’argent l’enserrent. Le titre original du film, Les Chiens, portait d’ailleurs plus large. Chiens blêmes des énigmes irrésolues, des secrets enfouis. Chiens errants de la pauvreté. Mines à retardement des mémoires assassinées, des impunités coupables. « Le Chili, dira l’un des personnages, est plein de monstres. » De ce constat, la réalisatrice s’emploie à ce qu’oscillent les lignes de définition.
Dominique Widemann, L’Humanité

Icône PDF Dossier de presse du film