Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Science-Fiction #1/ Blade runner
  • Samedi 4 Février à 18h30
  • Mardi 7 Février à 20h30
  • Jeudi 9 Février à 18h30
  • Au Kursaal

Blade runner

RIDLEY SCOTT - 2H, ÉTATS-UNIS, 1982

AVEC HARRISON FORD, RUTGER HAUER, SEAN YOUNG

Dans les dernières années du XXe siècle, des milliers d’hommes et de femmes partent à la conquête de l’espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, une nouvelle race d’esclaves voit le jour : les répliquants, des androïdes que rien ne peut distinguer de l’être humain.
Los Angeles, 2019. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d’un vaisseau, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont déclarés « hors-la-loi » et doivent être détruits. Un agent d’une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer...

Film culte pour toute une génération de ciné- philes, Blade runner tient une place centrale dans l’histoire du cinéma. Par son approche artistique et avant-gardiste, le film de Ridley Scott a durablement imprégné l’esthétique des années 1980-1990, à la fois dans le cinéma, la bande dessinée, la littérature ou la musique. Blade runner réinvente la science-fiction au cinéma en la débarrassant de sa quincaillerie habituelle. Alors que George Lucas l’avait éloigné du réel pour l’ancrer dans le merveilleux, Ridley Scott fracasse nos rêves d’étoiles et s’interroge sur notre avenir immédiat. Et cet avenir sera sombre, pollué, industrieux et essentiellement urbain. Mais son propos est encore ailleurs, dans sa capacité à interroger le présent en pointant les dérives de notre société (la toute puissance des multinationales, l’opposition des classes, la déshumanisation de l’environnement urbain, le désastre écologique...), mais aussi et surtout dans sa dimension philosophique et symbolique ; sans cesse le film s’interroge sur ce qui fait de nous des humains, comme aucun long métrage ne l’avait fait jusqu’alors. De par sa puissance esthétique et la force de son propos, Blade runner représente en quelque sorte un aboutissement cinématographique, dont on peine trente ans plus tard à trouver un équivalent. Autant dire que le remake tourné cette année par le canadien Denis Villeneuve (le réalisateur de Premier Contact) est attendu au tournant.

Emmanuel Lorenzi, La Kinopithèque