Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinéma Tzigane/ BELINDA
  • Mardi 22 Mai à 17h00
  • Jeudi 24 Mai à 17h00
  • Vendredi 25 Mai à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Suivi d'une rencontre avec la réalisatrice vendredi 25

BELINDA

MARIE DUMORA - 1H47, FRANCE, 2018

Festival de Cannes - Sélection ACID 2017

Belinda a 9 ans. Elle aime la neige, la glace pour glisser, plus encore sa sœur avec qui elle vit en foyer. On les sépare. Belinda a 15 ans. Pas du genre à vouloir travailler dans un magasin de chaussures, en mécanique à la rigueur. Belinda a 23 ans, elle aime de toutes ses forces Thierry, ses yeux bleus, son accent des Vosges. Elle veut se marier pour n’en être jamais séparée. Coûte que coûte.

Belinda n’est pas tout à fait une inconnue pour ceux qui connaissent le travail de Marie Dumora. Cette cinéaste construit depuis vingt ans une œuvre singulière, tournée dans l’est de la France, sur le destin d’enfants placés en foyers dont les parcours chaotiques ne parviennent pas à éteindre la pulsion de vie qui est en eux. C’est en 2000, lors du tournage de Tu n’es pas un ange, qu’elle rencontre pour la première fois Belinda, 9 ans, et sa sœur Sabrina, 10 ans, deux jeunes filles yéniches. Elle tourne en 2002 un premier film avec les deux sœurs, Avec ou sans toi, avant de s’intéresser aux garçons qui les entourent, puis d’accorder un film entier à Sabrina, mère de 15 ans élevant son fils dans un foyer pour jeunes mères dans Je voudrais aimer personne.

Son petit ami manouche conduira la cinéaste à consacrer ensuite une trilogie à cette communauté, chaque personnage d’un film l’amenant au suivant, comme dans une ronde sans fin. C’est en croisant à nouveau la route de Belinda, désormais âgée de 23 ans, amoureuse de Thierry et sur le point de se marier, qu’elle décide de lui consacrer à son tour un film. Tout le matériau collecté au fil des années lui permet de reconstituer l’histoire de la jeune femme de façon chronologique. Un parti pris qui s’est imposé comme une évidence pour la réalisatrice. Et qui nous attache définitivement à cette Belinda, transformée sous nos yeux en véritable héroïne de cinéma. Toujours droite et digne malgré le contexte social difficile dans lequel elle évolue, les rêves qui s’envolent, la débrouille et les séjours en prison des proches, la jeune femme oppose sa détermination au malheur. Céline Rouden, La Croix

en partenariat avec l'ACID, association du cinéma indépendant pour sa diffusion. www.lacid.org