Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinéma d'Asie/ Tharlo, le berger tibétain
  • Mercredi 28 Mars à 19h00
  • Mercredi 4 Avril à 17h00
  • Jeudi 5 Avril à 19h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Tharlo, le berger tibétain

PEMA TSEDEN - 2H03, CHINE, 2018

AVEC SHIDÉ NYIMA, YANGSHIK TSO

CYCLO D’OR AU FESTIVAL DES CINÉMAS D’ASIE DE VESOUL

Tharlo est un berger tibétain qui mène une existence paisible dans la montagne, éloigné des réalités du monde. À l’aune de ses quarante ans, il est convoqué par les autorités locales. Les nouvelles directives du gouvernement imposent la possession d’une carte d’identité pour tous les citoyens de la République Populaire de Chine. Pour la première fois, Tharlo descend en ville. Sa découverte du monde urbain, et sa rencontre avec une jeune coiffeuse, vont boulever- ser son existence…

L’heureuse sortie en salle du quatrième long métrage de Pema Tseden permet de découvrir le travail de cet écrivain cinéaste, disciple du maître iranien Abbas Kiarostami, jusqu’alors jamais distribué en France en dehors du circuit des festivals. Originaire de l’Amdo, à l’ouest de la Chine, il est l’un des rares à incarner l’hypothèse d’un cinéma tibétain qui ne soit pas de l’ordre de l’excursion exotique ou du particularisme revendiqué. Et il n’est pas étonnant, comme pour toute culture minoritaire et menacée, que ses récits rejouent à leur façon le mythe du jardin d’Eden, c’est-à-dire l’inévitable corruption de l’ancien par le nouveau, du village par la ville, de l’existence concrète par les séductions illusoires. C’est aussi, peu ou prou, ce que raconte Tharlo, sans déploration, sans commisération, mais avec l’âpre sinuosité d’un conte cruel. [...] Le film est un alliage convaincant de dureté et de douceur, d’austérité et de générosité, de cruauté et de compassion qui fait tout son prix. Cédant parfois à l’écueil du « paysagisme » (notamment dans les scènes en montagne), Pema Tseden n’en orchestre pas moins une scansion fascinante de glissements du jour vers la nuit, où son protago- niste plonge tête baissée jusqu’à y laisser sa véritable personnalité.
Mathieu Macheret, Le Monde