Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Zoom Échappées belles/ Le retour de Fabiola (La jubilada)
  • Mercredi 1 Février à 20h00
  • Lundi 6 Février à 20h30
  • Mardi 7 Février à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Débat avec le réalisateur, animé par Marta Alvarez, maître de conférences. Mercredi 1er Février

Le retour de Fabiola (La jubilada)

JAIRO BOISIER - 1H24, CHILI, 2015

AVEC PAOLA LATTUS, CATALINA SAAVEDRA, JOSÉ SOZA

À l’âge de trente ans, Fabiola décide de quitter le milieu du X, dont elle était devenue une actrice phare à Santiago du Chili. Elle revient dans la maison familiale,où son père vit avec sa sœur ain̂ée Georgina. Si Georgina n’apprécie guère de voir l’organisation de son foyer perturbée, Fabiola s’aperçoit surtout que son passé la poursuit...

Fabiola ne cesse de se heurter aux murs. Elle s’y heurte au sens figuré, à chaque refus d’un employeur potentiel, à chaque réaction farouche d’anciens proches, ou même de sa sœur, de son père. Au sens propre, elle se heurte aux cadres presque toujours fixes de Jairo Boisier, qui ne la filme qu’en plans-séquences, et comme prisonnière de petitesses multiples et presque toujours inconfortables – la maison, le village, le regard des villageois. Les choix esthétiques aussi radicaux tiennent souvent mal la durée, sentent rapide- ment l’artifice : c’est tout le contraire ici. Les cadres fixes, les plans-séquences disent toute la rigidité d’un monde dans lequel Fabiola ne parvient pas à se réintégrer, mais dont elle semble ne plus pouvoir sortir, dès lors qu’elle y est rentrée. Le procédé fait d’autant mieux sens que rien, chez Fabiola, ne semble petit ou mesquin. Elle est un peu bourrue, taiseuse, maladroite, mais l’interprétation très fine qu’en donne l’excellente Paola Lattus laisse sans cesse deviner un cœur immense, qui n’aimerait rien tant que les grands mots d’amour, les rires, les embrassades, et ne trouve qu’une exigence tacite de discrétion, comme pour la faire payer d’avoir tant fait parler d’elle.

Noémie Luciani, Le Monde

En partenariat avec l'Université de Franche-Comté.