Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Shohei Imamura/ PROFOND DÉSIR DES DIEUX
  • Samedi 12 Janvier à 17h00
  • Mardi 29 Janvier à 15h30
  • Mercredi 30 Janvier à 20h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
SAMEDI 12 | PRÉCÉDÉ DU CAFÉ-CINÉ

PROFOND DÉSIR DES DIEUX

2H52, JAPON, 1968

AVEC RENTARO MIKUNI, CHOICHIRO KAWARAZAKI, KANJURO ARASHI

Sur l’île de Kurage, la vie se partage entre légendes, superstitions et terribles secrets familiaux. Un ingénieur de Tokyo y est dépêché pour aider à faire parvenir de l’eau à la raffinerie de sucre, qui emploie les habitants de l’île. La confrontation entre ces rites insulaires ancestraux et la modernité du nouveau Japon effrite soudain la douceur supposée de l’île.

Imamura « c’est Renoir plus Rabelais, la tête et les tripes, la parfaite illustration du désespoir des anarchistes et du grotesque », comme l’explique Paulo Rocha dans son film Shōhei Imamura, le libre penseur, réalisé en 1995. Une analyse qui correspond bien à Profond désir des dieux, sans doute son film le plus ambitieux. Cette chronique mi-réaliste mi-légendaire, tournée dans les îles du sud, confronte un Japon primitif à une caricature du développement industriel. Imamura abandonne ici le noir et blanc pour se lancer dans un travail sidérant sur la couleur. Cette nouvelle histoire de désir plus ou moins contrarié, est une fable truculente, mais dérangeante sur une communauté insulaire aux mœurs archaïques (inceste inclus...). À travers la relation entre un ingénieur de Tokyo venu apporter le progrès et une jeune femme nymphomane, Imamura montre comment ce Japon primitif, en lien avec la nature, est peu à peu rattrapé, aseptisé par la modernité triomphante de la civilisation. Dans un récit, et une mise en scène, à mi-chemin entre l’enquête ethnographique et le conte…
Samuel Douhaire, Télérama