Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mardi 1 Août à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Paris la blanche

LIDIA TERKI - 1H26, 2017

AVEC TASSADIT MANDI, ZAHIR BOUZERAR, KAROLE ROCHER

Rekia a soixante-dix ans et vit dans un village de Kabylie. Elle n’a plus de nouvelles de son mari, Nour, depuis son dernier passage au pays, il y a quatre ans. Bien décidée à reprendre contact avec son époux, qui travaille en France depuis la fin des années 1960, elle traverse l’Algérie et la France pour tenter de le retrouver à Paris.

C’est un petit film modeste, ce qui le rend très beau. Tendre comme une caresse, un effleurement. Rekia ne sait pas si sa quête aboutira, elle sait seulement qu’elle doit l’entreprendre avant qu’il ne soit trop tard, pour elle et pour cet homme qu’elle a, en fait, si peu connu. Par ses regards, ses hésitations, Tassadit Mandi rend palpable la douce obstination de l’héroïne, tout comme son inévitable résignation. On n’est certes pas dans le style de Yasujirô Ozu, mais un peu dans son univers : un couple âgé, devenu inutile à la société (les immeubles que l’émigré a construits menacent d’être démolis), qui se découvre étranger, en dépit de sa complicité... La réalisatrice est sans colère ni rancœur. Elle croit — et Tara, interprétée par Karole Rocher, le prouve — à la force de la compassion et de la générosité, même passagères. Et sa rigueur lui permet d’éviter l’exhibitionnisme sentimental auquel tant de maladroits auraient succombé.
Pierre Murat, Télérama