Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Zoom Échappées belles/ Manuel de libération
  • Mercredi 8 Février à 20h30
  • Vendredi 10 Février à 18h30
  • Samedi 11 Février à 16h45
  • Au Kursaal

Manuel de libération

ALEXANDRE KUZNETSOV - 1H20, FRANCE, 2016

En Sibérie, Yulia et Katia ont été transférées de l’orphelinat à l’internat neuropsychiatrique et ont été privées de tous leurs droits de citoyennes : pas de liberté, pas de travail, pas de famille. Ensemble, elles entament un combat pour que l’Etat leur restitue leurs droits et rende possible leur émancipation. Entre espoirs et déceptions, Manuel de libération est le récit de ce chemin vers la liberté.

Alexander Kuznetsov est une voie singulière en Russie et un remarquable documentariste découvert en France en 2015 à l’occasion de la sortie de son deuxième film, Territoire de la liberté. Il ne s’agit plus ici de filmer des gens qui ont arraché leur liberté en fuyant la répression en pleine montagne au cœur de la forêt ; il s’agit d’accompagner dans leur quête d’émancipation deux jeunes femmes enfermées dans une institution qui les prive de leurs droits les plus élémentaires. Avec sa caméra intimiste, le réalisateur filme leur combat inégal et titanesque, animé par le courage que donne le désespoir et éclairé par la possibilité russe du miracle. On n’en dira pas ici le résultat. Car le suspense, d’autant plus palpitant que le sort de personnages réels dépend de cette procédure, fait partie intégrante de ce documentaire dont une des qualités consiste tout simplement à témoigner d’une réalité très rarement montrée.
Son autre vertu tient à son humanité, à sa capacité de saisir magnifiquement les émotions, de restituer le sentiment très fort de solidarité qui règne entre les internés et leur permet de tenir dans le purgatoire bureaucratique qui les emprisonne, de donner en quelques plans la note propice à décrire un état physique et mental de l’enfermement des êtres. « L’espoir meurt en dernier », dit une pensionnaire à l’une des protagonistes pour la réconforter et l’affermir. Cet adage bouleverse comme le film qui a su le saisir.

Jacques Mandelbaum, Le Monde