Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mardi 22 Août à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Mal de pierres

NICOLE GARCIA - 2H, 2016

AVEC MARION COTILLARD, LOUIS GARREL, ALEX BRENDEMÜHL

Dans un petit village du sud de la France, Gabrielle a le tort d’exprimer de façon passionnée ses émotions et ses sentiments. Elle est mariée par ses parents à José, un ouvrier de ferme patient et généreux. Malgré l’attention et l’amour qu’il lui porte, Gabrielle affirme qu’elle n’aimera jamais cet homme qui lui a été imposé. Tout bascule quand elle est envoyée en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux. Elle y rencontre André Sauvage, un soldat qui revient de la guerre d’Indochine.

C’est une cinéaste à l’ancienne, ce qui peut être un défaut dans un monde qui prétend être moderne à toute force. Mais rien n’effraie Nicole Garcia : ni le romanesque parfois appuyé de ses intrigues, ni les flash-back, procédé que presque plus personne n’ose utiliser aujourd’hui. Ni même les personnages, qu’elle veut construits, fouillés, très écrits, comme dans les romans psychologiques du XIXe siècle. Toute la première partie de Mal de pierres, librement inspirée du roman de Milena Agus, est âpre, presque rude, intranquille — sûrement ce que Nicole Garcia a réussi de mieux.
La sensualité accable tant elle écrase. La férocité règne. Et toutes les péripéties de l’intrigue reposent sur l’osmose visible de la réalisatrice avec sa comédienne. On sait depuis longtemps l’étonnante expressivité du visage de Marion Cotillard. Dont elle se sert non pour exhiber les sentiments de ses personnages, mais pour les refréner au maximum. Avec elle, aucun sanglot. Pas même de larme perlant au bord des cils. L’émotion qu’elle dégage est toujours nette, précise, affinée. Et c’est évidemment ce cachecache constant entre épure et intensité qui rend le film de Nicole Garcia réussi et troublant.
Pierre Murat, Télérama