Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / John Cassavetes/ John Cassavetes
  • Lundi 3 Avril à 20h45
  • Mercredi 5 Avril à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif Entrée libre

John Cassavetes

ANDRE S. LABARTHE & HUBERT KNAPP - 50 MIN, 1998

Collection cinéma, de notre temps

1965. André S. Labarthe et Hubert Knapp partent à Hollywood pour tourner deux documentaires. Parallèlement, ils décident de rencontrer John Cassavetes, le futur chef de file du jeune cinéma indépendant américain. En 1968, ils retrouvent Cassavetes à Paris à l’occasion de la sortie de Faces. De ces rencontres improvisées va naître l’un des films mythiques de la série Cinéma, de notre temps.

On découvre Cassavetes chez lui en 1965, bondissant, caustique et enthousiaste, alors qu’il commence le montage de son deuxième film, Faces. On le retrouve ensuite en 1968 à Paris, quand il peut enfin présenter le résultat. Épuisé, dégrisé, quelques illusions en moins, John Cassavetes est mélancolique, mais il vient de prouver qu’on peut faire sans argent, en Amérique, ce qu’il appelle un film « libre ». Secoué de fous rires, Cassavetes présente à la caméra ses collaborateurs, étudiants ou amis, qui se dépensent jour et nuit pour dérusher les kilomètres de pellicule de Faces. Nous sommes en Californie, pays absurde où l’importance d’un réalisateur se mesure à la taille de ses bureaux. Grâce au crédit, louable invention américaine s’il en est, grâce surtout aux efforts de ses amis, il est en train de faire un film en toute indépendance et, qui plus est, en s’amusant. Trois ans plus tard, le film est projeté au festival de Venise. Cassavetes, de passage à Paris avec Gena Rowlands, rit beaucoup moins. Il se demande s’il n’est pas le plus mauvais réalisateur qui soit. Mais il est au moins sûr d’une chose, et cette certitude va fonder toute son œuvre à venir : « Je m’intéresse à mes semblables. »
Pascal Richou