Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / zoom Frontières / FUOCOAMMARE, PAR DELÀ LAMPEDUSA
  • Lundi 9 Janvier à 19h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
+ débat Marcel Ferreol / Annette Garcia / Antoine Aumonier, engagés dans l’accueil des migrants

FUOCOAMMARE, PAR DELÀ LAMPEDUSA

GIANFRANCO ROSI - 1H50, ITALIE, FRANCE, 2016

Samuele a 12 ans et vit sur une île au milieu de la mer. Il aime les jeux terrestres, même si tout autour de lui parle de la mer et des hommes, des femmes, des enfants qui tentent de la traverser pour rejoindre son île. Cette île s’appelle Lampedusa et c’est une frontière hautement symbolique de l’Europe, traversée ces 20 dernières années par des milliers de migrants en quête de liberté.

Lorsque Gianfranco Rosi s’installe sur l’île de Lampedusa, mille caméras l’ont précédé. Son intention n’est alors pas politique, mais plutôt éthique. Il s’agit de trouver le point de vue qui échappe à la fois à l’abrutissement des données et à la violence soudaine des images. Il pose sa caméra pour longtemps – dix-huit mois – et de biais. Il part à la rencontre de quelques habitants, troublé par un paradoxe : ces derniers, au plus près du drame, ne sont pour beaucoup plus en contact avec les migrants. Depuis 2013, les embarcations n’accostent plus sur l’île, mais sont interceptées en pleine mer et leurs occupants envoyés dans divers centres d’Italie. L’île, étrangement déserte, n’en est pas moins sa caisse de résonance, comme le montre avec délicatesse le montage de Gianfranco Rosi. Il fait alterner à l’image le quotidien de Samuele, un garçon de l’île, et les échos de la catastrophe, qu’il remonte très lentement, précautionneusement, à travers la rencontre de Pietro Bartolo. Directeur du petit hôpital de Lampedusa, ce médecin supervise depuis vingt ans les soins les plus urgents aux blessés. Mais c’est en Samuele, jamais en contact avec cette actualité pourtant, que résonne le plus cette île aux portes de l’Europe. Fils de pêcheur, le garçon se sent bien plus à l’aise sur terre qu’en mer – à laquelle, pourtant, il est destiné. Comment ne pas donner un sens métaphorique à ces coïncidences ? Avoir le courage de regarder, accueillir les épreuves de la mer... Ces défis sont aussi ceux de l’Europe. Chaque jour, les secours reçoivent des appels de détresse et répètent la même question – également adressée aux spectateurs : « Quelle est votre position ?»
Marie Soyeux, La Croix

Débat à l'issue de la projection, animé par Marcel Ferreol, (Association Temps commun) avec Annette Garcia (La Cimade) et Antoine Aumonier (Secours catholique), tous deux engagés dans l’accueil des migrants à Besançon et la région.