Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Shohei Imamura/ LA FEMME INSECTE
  • Mardi 8 Janvier à 18h00
  • Mercredi 9 Janvier à 20h30
  • Mardi 15 Janvier à 16h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
MARDI 15 | SUIVI DE LA CONFÉRENCE DE BASTIAN MEIRESONNE À 19H

LA FEMME INSECTE

2H03, JAPON, 1963

AVEC MASUMI HARUKAWA, SACHIKO HIDARI, SEIZABURO KAWAZU

Au début du siècle, Tome naît à la campagne dans la pauvreté la plus totale. Décidée à changer sa condition et à connaître la fortune par tous les moyens, elle part pour la ville. Son destin suit celui de son pays dont elle subit les bouleversements de front.

Shōhei Imamura réalise en 1963 son cinquième long métrage, Chroniques entomologiques du Japon. Il sortira en France avec le titre La Femme insecte, plus vendeur à l’étranger, que l’intention documentaire du titre original. Un titre qui sonne aussi comme un hommage au travail subtil, sans ostentation ni narcissisme, effectué par la comédienne pour restituer la complexité d’un personnage en qui Imamura projette les troubles et les contradictions d’une société japonaise en mutation entre 1918 et 1962. Entre récit intimiste, méditation sur les infortunes du destin et fresque générationnelle sur les remous de l’histoire japonaise au XXe siècle, Imamura réalise avec La Femme insecte une œuvre où romanesque et réalisme trouvent un équilibre singulier. À l’inverse d’un mélodrame façon Mizoguchi (La Rue de la honte), Imamura raconte sans détour le destin d’une Cosette des temps modernes mais ne suscite aucune empathie pour son sort : les ellipses, fréquentes, s’inscrivent avec force dans le film, figeant l’image et la durée du récit dans un silence où les causes, les effets et les justifications sont engloutis d’un coup. Imamura nous laisse juge de ce qui  se déroule à l’écran, mais dans le même temps ne livre pas tout à notre regard, ou pas complètement. [...] Les aventures de Tome puis de Nabuko, sa fille, si elles rejoignent les visions décapantes d’une nouvelle vague très critique sur le progrès nippon (cf. Oshima), ne sont pas un cantique de la misère. Si tout ou presque est corrompu dans l’empire décati du soleil levant, Imamura ne succombe à aucune nostalgie : ni paradis perdu ni avenir radieux dans le Japon de l’après-guerre, juste ces montagnes qu’il faut gravir chaque jour...
Max Robin, Critikat

EN AVANT-PROGRAMME
IMAMURA, PULSIONS ARCHAÏQUES (6 MIN)