Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / L'été du cinéma français 2017/ Les fantômes d'Ismaël
  • Mardi 5 Septembre à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Les fantômes d'Ismaël

ARNAUD DESPLECHIN - 2H15, 2017

AVEC MATHIEU AMALRIC, MARION COTILLARD, CHARLOTTE GAINSBOURG

VERSION ORIGINALE (DIRECTOR’S CUT)

À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu...

Le onzième long métrage d’Arnaud Desplechin est sorti en salle après avoir ouvert le 70e Festival de Cannes dans une version « française » écourtée d’une vingtaine de minutes par rapport à « l’originale » comme les a qualifiées le réalisateur. En dépit d’un même tronc commun long d’une bonne heure, la « V.O. » et la « V.F. » sont bel et bien deux films différents. La « version originale » aux ramifications bien plus fertiles, a la forme aboutie d’un autoportrait du cinéaste en miettes. Dedalus, personnage récurrent de l’œuvre de Desplechin incarné par son acteur fétiche, Mathieu Amalric, revient ici doté d’un nouveau statut, celui de double fictionnel d’Ismaël, un réalisateur qui a les traits de Mathieu Amalric et dont le nouveau scénario s’inspire de la vie de son frère Ivan, un personnage joué par Louis Garrel. À partir de ce dispositif en forme de poupées russes, Arnaud Desplechin réactive sa mythologie – ses personnages, son dialogue avec la Bible, Homère, Joyce, Shakespeare, sa plongée dans l’histoire de l’art, du cinéma, de la psychanalyse, des religions... – en la réagençant sous une forme nouvelle, plus réflexive que jamais. Les segments narratifs se télescopent comme dans la tête d’un fou. À défaut de provoquer le vertige, l’obstination toute pénélopienne que Desplechin met à relancer ses vieux fantômes dans de nouveaux canevas, sidère autant qu’elle impressionne. Comment assumer plus crânement ce geste, de fait, qu’en fournissant comme il l’a fait deux versions d’un même film ?
D’après Le Monde, Isabelle Regnier