Les deux scènes

Les deux scènes
  • Lundi 3 Avril à 18h30
  • Mercredi 5 Avril à 16h00
  • Samedi 8 Avril à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Lundi 3 avril et mercredi 5 : Suivi de la projection de John Cassavetes (entrée libre)

Faces

JOHN CASSAVETES - 2H10, ÉTATS-UNIS, 1968

AVEC JOHN MARLEY, GENA ROWLANDS, LYNN CARLIN

Après une nuit un peu folle, Richard rentre chez lui et se dispute avec sa femme Maria. Après lui avoir annoncé son intention de divorcer, il claque la porte et part retrouver une autre femme. Maria décide alors de passer la nuit dans un night club avec ses amies. Elle y rencontre Chet avec qui elle termine la nuit. Au matin, Richard revient à la maison alors que Chet part sur la pointe des pieds. C’est le moment d’un premier face à face vital pour ce couple en chute libre...

Sur tous les plans, ce film, montré et primé à Venise en 1968, est torrentiel et inoubliable. Pourtant, rien de spectaculaire en apparence. Il n’est après tout question que de petits bourgeois, femmes et hommes se trompant mutuellement. D’où vient alors sa puissance, son caractère à la fois terrible et vital ? À coup sûr, de cette caméra gestuelle, de cette ivresse, qui envahit littéralement le film, de ce flux de paroles impossible à endiguer. Il y a bien de l’hystérie dans Faces, mais elle est toujours trop humaine et surtout filmée sans voyeurisme. Nous, spectateurs, sommes projetés dans l’œil du cyclone. Faces est aussi le premier film de Cassavetes où l’idée de troupe joue un rôle prédominant. On y voit à l’œuvre deux acteurs fétiches de la tribu, Seymour Cassel et Gena Rowlands. Et cette fois, ils sont, enfin libres de leurs mouvements, capables d’impulsions invisibles dans les films hollywoodiens traditionnels. J’ajouterai une mention spéciale à Lynn Carlin, une des actrices principales, qui, pour les besoins du film, passa de l’état de secrétaire à celui de comédienne. Et à John Marley, le dernier membre du quatuor de base, qu’on retrouvera dans Le Parrain. Faces donna à Cassavetes une forme de reconnaissance et une nouvelle autonomie. Avec ce film, fait entre amis et à la force du poignet, sans argent ou presque, commence la période la plus faste de son travail.
Thierry Jousse