Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Prévert et le Cinéma/ Les Enfants du paradis
  • Mercredi 25 Avril à 19h00
  • Vendredi 27 Avril à 19h00
  • Mercredi 2 Mai à 16h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Les Enfants du paradis

MARCEL CARNÉ - 3H, FRANCE, 1945

SCÉNARIO ET DIALOGUES JACQUES PRÉVERT

AVEC ARLETTY, JEAN-LOUIS BARRAULT, PIERRE BRASSEUR

1828, sous la Restauration, boulevard du Temple, à Paris, domaine du peuple, des bateleurs, des baladins et des mimes. Garance, belle, impétueuse, insolente et libre, fait chavirer le cœur des hommes. Tandis qu'elle se lie avec le brigand maléfique Lacenaire, Frédérick Lemaître, comédien ambitieux et séducteur cynique, lui offre son cœur. Baptiste Deburau, mime fantasque et rêveur, ébloui par sa beauté, l'entraîne à l'hôtel où Frédérick et lui ont pris pension. Mais c'est au plus cabotin des deux que la belle cède. Baptiste la fait engager aux Funambules, le théâtre où il ensorcelle littéralement les foules. Nathalie, la fille du propriétaire des lieux, en conçoit une immense jalousie...

Écrit par Jacques Prévert, le scénario des Enfants du paradis brille par sa formidable puissance romanesque, qui prend en écharpe plusieurs destins croisés et le temps qui passe — laissant une impression si poignante dans la seconde partie du film. Mais, dans le détail de chaque scène, Prévert se plaît surtout à souligner la fragilité de toute chose : l'ambition, la réussite, les sentiments, le bonheur et même le malheur, dont on n'a pas la force de faire une vraie tragédie, sauf sur scène. Une partition magnifique pour Carné, cinéaste au regard ému, émerveillé, capable de célébrer les apparences sans fermer les yeux sur la vérité. Comme ses comédiens, tous ici étonnants funambules, en équilibre entre la vie et sa représentation, la comédie et le drame.

Frédéric Strauss, Télérama