Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Prévert et le Cinéma/ Le Crime de monsieur Lange
  • Lundi 5 Mars à 20h15
  • Vendredi 9 Mars à 16h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
présenté et analysé par Josette Lasserre, en partenariat avec l’Université ouverte, le 9 mars

Le Crime de monsieur Lange

JEAN RENOIR - 1H24, FRANCE, 1936

SCÉNARIO JACQUES PRÉVERT ET JEAN RENOIR

AVEC RENÉ LEFÈVRE, JULES BERRY, FLORELLE

À bord d’une voiture, Amédée et Valentine foncent vers la frontière belge. Ils trouvent asile dans un petit hôtel. Les consommateurs attablés sont perplexes. Cet homme ne serait-il pas monsieur Lange, l’homme que la police recherche pour le meurtre de son patron, l’imprimeur Batala ? Valentine, qui a surpris leur conversation, intervient et prie les clients d’écouter toute l’histoire avant d’appeler la police. Quand le cynique Batala s’est enfui pour échapper à ses créanciers, les ouvriers de son imprimerie ont formé une coopérative...

Ce film rend admirablement compte de l’esprit de l’époque et des toutes premières heures du Front populaire (en tant que coalition de partis de gauche). Car l’intrigue (et son amoralité apparente) importe peu, et Jules Berry, brechtien malgré lui, contribue à la distance du personnage du patron, plus pantin que coupable ou victime. Ce qui importe aux yeux de Renoir, de Prévert et des membres du groupe Octobre, c’est de montrer les petites gens et leurs petits métiers sous leur vrai jour, et de leur donner une leçon d’espoir. Le Crime de Monsieur Lange est une réussite absolue car il combine la qualité habituelle des films de Renoir (tout, de l’interprétation aux dialogues, y est profondément réjouissant) à un moment de grâce unique dans l’histoire d’un pays.
Aurélien Ferenczi, Télérama