Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinémas d'Amérique Latine/ Central do Brasil
  • Mercredi 28 Novembre à 16h00
  • Vendredi 30 Novembre à 18h00
  • Samedi 1 Décembre à 14h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
SUIVI DU CAFÉ-CINÉ ! samedi 1er décembre

Central do Brasil

WALTER SALLES - 1H45, FRANCE, BRÉSIL, 1998

AVEC FERNANDA MONTENEGRO, VINICIUS DE OLIVEIRA, MARÍLIA PÊRA

VERSION RESTAURÉE - Ours d’Or – festival de Berlin 1998

Dora, ex-institutrice, gagne sa vie en écrivant des lettres pour les migrants illettrés à la gare centrale de Rio. Ana et son jeune fils Josue font appel à ses services pour retrouver le père de Josue. Lorsque Dora rentre dans son petit appartement de banlieue, elle fait le tri des lettres de la journée, en envoie certaines, jette les autres et en garde une partie dans un tiroir. C’est ce qui arrive à la lettre de Josue. Quand sa mère meurt, Josue demande à Dora de l’aider à retrouver son père. D’abord insensible, Dora finit par accepter de l’aider.

À la recherche du père de l’enfant, de bus en camion, Dora et Josue s’enfoncent dans un Brésil rocailleux et mystique, profond comme la mémoire et sonore comme la tôle ondulée. Évitant les écueils du folklore consensuel et du misérabilisme, Walter Salles mène son récit d’une démarche élastique, qui bifurque face aux obstacles ou au contraire invente comment les pousser dans des retranchements plus extrêmes, plus troubles, plus porteurs de sens et de sensations. De la métaphore des lettres en souffrance au ballon de foot dribblé dans des rues toutes identiques, le mouvement emballé par Walter Salles entraîne avec lui plus qu’un récit émouvant à force de tension retenue : on y perçoit peu à peu que s’y joue quelque chose de plus urgent. De la métropole carioca au Sertao, Central do Brasil célèbre les retrouvailles d’une cinématographie avec un espace et une histoire. Il exhale le souffle d’une ouverture lumineuse qui serait celle du cinéma lui-même renouant avec un pays, en même temps que ce pays, le Brésil, renouerait avec un avenir.
Jean-Michel Frodon, Le Monde