Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Bo Widerberg, cinéaste rebelle/ La Beauté des choses
  • Dimanche 21 Février 2021 à 15h30
  • Jeudi 25 Février 2021 à 18h00
  • Vendredi 26 Février 2021 à 15h30
  • Samedi 27 Février 2021 à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
séance annulée

La Beauté des choses

Bo Widerberg – 2h05, Suède, 1995

avec Johan Widerberg, Marika Lagercrantz, Tomas Von Brömssen

Ours d’argent – festival de Berlin 1996

 

1943. Alors que ses camarades de classe ne parlent que de sexualité, un amour interdit naît entre Stig, jeune lycéen et son professeur Viola. Stig est attiré par cette femme belle et mature, Viola aime chez Stig sa jeunesse et son innocence. Mais il rencontre fortuitement Frank, le mari de Viola, représentant de commerce, alcoolique et fantasque. Une étrange relation d’amitié va naître entre eux.

Le cinéaste surprend par la sensualité de sa mise en scène d’abord suggestive avant d’aller frontalement vers l’érotisme. Il recoupe alors une thématique au coeur d’Elvira Madigan, la peinture d’un amour aussi précieux qu’interdit, condamné à s’exercer à l’abri des jugements extérieurs. L’acceptation de pulsions, un temps refoulées, se double chez Stig des découvertes de la sensualité et des sentiments, avant que l’entrée en scène de Frank ne contribue à aiguiser son regard sur l’art et sur le monde. L’éveil du corps et de l’esprit sont dépeints comme des outils d’élévation sociale. Le cinéaste est moins préoccupé par l’idée de panser les plaies du passé ou du présent que d’affronter sereinement et suffisamment armé, l’avenir. Élégant, délicat, savant, charnel, libre, soutenu par une somptueuse photographie, La Beauté des choses n’est en rien l’oeuvre funeste ou testamentaire de Bo Widerberg, plutôt celle d’une éblouissante seconde jeunesse.
Vincent Nicolet, Culturopoing