Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Shohei Imamura/ LA BALLADE DE NARAYAMA
  • Mardi 15 Janvier à 20h00
  • Mercredi 16 Janvier à 11h15
  • Lundi 28 Janvier à 19h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
MARDI 15 | PRÉSENTÉ PAR BASTIAN MEIRESONNE ET PRÉCÉDÉ DE SA CONFÉRENCE À 19H

LA BALLADE DE NARAYAMA

2H11, JAPON, 1983

AVEC SUMIKO SAKAMOTO, KEN OGATA, TAKEJO AKI

FESTIVAL DE CANNES 1983 - PALME D’OR

Orin, une vieille femme des montagnes du Shinshu, atteint l’âge fatidique de soixante-dix ans. Comme le veut la coutume, elle doit se rendre sur le sommet de Narayama pour être emportée par la mort. La sagesse de la vieille femme aura d’ici là l’occasion de se manifester.

En 1958, le réalisateur japonais Keisuke Kinoshita signe sa Ballade de Narayama à lui, mettant en scène la star Kinuyo Tanaka, muse de Mizoguchi. Le film, d’une splendeur incroyable, emprunte au kabuki pour son utilisation des décors et de la lumière, dans une œuvre où l’on sent le studio mais dont le côté fabriqué (les toiles peintes pour les paysages) accroît l’onirisme et la poésie. Une vingtaine d’années plus tard, Shōhei Imamura s’attaque au même récit (fin de l’Ère Edo, dans un village, les ancêtres sont emmenés sur la montagne pour y finir leurs jours), mais en prenant à contre-pied le traitement de Kinoshita. Aux porcelaines de son prédécesseur, Imamura privilégie une vision ultraréaliste, filmée en décors naturels et avec une lumière crue, la délicatesse élégiaque de l’un faisant place à la dureté humaine et la cruauté sociale de l’autre, désespoir d’une microsociété où les bébés comme les vieux sont abandonnés faute de pouvoir les nourrir. Un long métrage où l’animalité règne, comme cet aigle qui plane sur le village, ou comme dans le cœur de ces personnages à l’humanité contrariée. Imamura, insufflant ses thèmes dans cette relecture, y remportera la première de ses deux Palmes d’or, récompense méritée pour ce sublime chef-d’œuvre.
Nicolas Bardot, Film de culte