Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Science-Fiction #2/ 2001, l'odyssée de l'espace
  • Lundi 6 Mars à 19h00
  • Vendredi 10 Mars à 19h00
  • Samedi 18 Mars à 18h00
  • Au Kursaal

2001, l'odyssée de l'espace

STANLEY KUBRICK - 2H20, ÉTATS-UNIS, GRANDE-BRETAGNE, 1968

AVEC KEIR DULLEA, GARY LOCKWOOD, WILLIAM SYLVESTER

En 2001, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du « Beau Danube Bleu ». À son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d’un monolithe noir qui émet d’étranges signaux vers Jupiter. Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d’intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d’inquiétude : à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?

En 1964, Stanley Kubrick parvient à convaincre la MGM de lui donner carte blanche pour produire, écrire et réaliser en toute liberté le film de science-fiction le plus cher et le plus ambitieux jamais réalisé. Il choisit l’écrivain Arthur C. Clarke comme collaborateur, s’entoure des meilleurs techniciens des effets spéciaux et invente avec eux des trucages sidérants de réalisme. Il demeure concentré sur sa vision géniale d’un monde futuriste qui est avant tout prétexte à une réflexion angoissée sur l’humanité, de ses origines (le fabuleux prologue avec les hommes singes) à son avenir incertain, en proie à la violence, la peur de l’inconnu et le dérèglement de ses propres créations. Le résultat final, sorti en 1968, est une date (technologique et artistique) dans l’histoire du cinéma. C’est sans doute la seule superproduction hollywoodienne qui soit aussi un essai philosophique et un film expérimental. La critique est totalement déroutée par le message énigma- tique délivré par cette expérience visuelle et sonore presque dénuée de dialogues, mais le public jeune réserve au film un triomphe inattendu et 2001, l’odyssée de l’espace ne tarde pas à intéresser les amateurs de substances illicites, qui vont voir le film plusieurs fois à cause de la séquence de la « porte des étoiles ». Kubrick, qui n’a jamais pris de drogue, vient d’inventer « le trip ultime », et d’entrer dans la légende.

Olivier Père, Arte