Les deux scènes

Les deux scènes
Actions / Road Movie USA

    Samedi 15 octobre à 16h

    Kursaal

  • Tarif entrée libre

Road Movie USA

par Bernard Benoliel

Conférence par Bernard Benoliel, co-auteur, avec Jean- Baptiste Thoret, de Road Movie, USA

Bernard Benoliel est directeur de l’action culturelle à la Cinémathèque française. Il a été délégué général du Festival EntreVues de Belfort et rédacteur aux Cahiers du cinéma. Il est co-auteur, avec Jean-Baptiste Thoret, de Road Movie, USA paru en 2011 aux Éditions Hoëbeke.

Qu’est ce que le road movie ? Est-ce seulement un « genre » ? On dirait plutôt un sous-genre qui vient tard et doit beaucoup au western, à cet espoir tout à la fois d’une nouvelle conquête de l’Ouest et de sa relecture enfin critique (Pat Garrett et Billy le Kid). C’est aussi plus qu’un genre : l’expression d’un mode de vie, l’actualisation de toute une culture de la route américaine du temps même où la route n’était encore que fleuves et pistes, la chambre noire de l’espace et de l’histoire d’un continent. Bref, le road movie pour comprendre un peu des États-Unis, et vice versa.

Il s’agit donc de raconter l’histoire d’une utopie qui commence, disons, avec Ellis Island (America America), avec Chaplin « l’émigrant » et Charlot en route à la fin de ses films vers un autre ailleurs, qui continue avec Le Magicien d’Oz et John Ford (Les Raisins de la colère), emprunte des détours inattendus ou visionnaires (La Mort aux trousses) et s’accomplit au temps de la contre-culture et du Nouvel Hollywood avec des films célèbres et des cinéastes naissants : où l’on retrouve Easy Rider, Macadam à deux voies, Wanda, etc. Une histoire qui n’en finit pas, tant le besoin existentiel de « prendre la route », en vrai, en rêve ou virtuellement, semble de toutes les époques. Le road movie, lieu de tous les fantasmes, de toutes les démesures, de tous les paradoxes. Paradoxe de voyages qui, en chemin, n’en finissent pas d’exhumer les traces du passé, la Grande Dépression ou le massacre des Indiens. Paradoxe d’aventures qui se révèlent toutes, pour le meilleur et pour le pire, une expérience intérieure, un aller sans retour, voire une hallucination. Paradoxe enfin d’un cinéma qui veut sans cesse retrouver le peuple américain, celui de la Constitution et le rencontre en effet, mais en quel état...
Bernard Benoliel